Retransmission ce matin du AIDA de Verdi sur la chaine BRAVA dans la production de 1945 du Liceu de Barcelone reconstituée à l'identique en 2003.
Comme pour la Scala et Raymonda il y a quelques semaines, voici l'exemple même de qui est contestable. Sans doute du point de l'histoire de la mise en scène et de la décoration théâtrale le travail peut-il être intéressant. Nous avons affaire ici véritablement à ce que devait être la représentation de l'oeuvre à sa création au Caire du vivant du compositeur. Décors en trompe l'oeil sur toile peinte, chanteurs face public dans les duos et ne se regardant jamais, ou alors l'oeil rivé sur le chef d'orchestre ou le trou du souffleur. En la matière la catastrophique Aida de Daniela Dessi est championne toutes catégories confondues. Le seul qui évite ce piège est le ténor Fabio Armiliato jouant Radamès et encore à la scène finale il y va aussi de ses coups d'oeil vers le chef!
On est loin de ce que l'on peut faire sans tomber dans le kitch extrême comme ce fut le cas des productions du Met (1989) et plus récemment de la Scala qui valu au lamentable Alagna d'être mis à la porte et hué par le public.
Ce genre d'opéras demande des moyen financiers colossaux et des semaines de répétitions pour être montés sérieusement avec professionnalisme et ne peut pas se rentabiliser avec une dizaine de représentations.
Je terminerai en notant ici le fair play de la chaine représentée par son directeur Rob Overman. Déçu des productions d'opéras programmées ces derniéres semaines, j'ai envoyé un mail à la chaine le disant et menaçant de cloturer mon abonnement à peine un mois après y avoir souscrit. Hier, j'ai reçu une fort gentille missive de ce directeur commentant mon mail avec les pour et les contre et me suggérant (démarche commerciale oblige ne soyons pas naifs) de continuer à communiquer régulièrement mes appréciations sur les productions de la chaine.
Quand vous vous plaignez ou demandez un renseignement à Mezzo, vous recevez un email disant qu'on va reprendre contact avec vous et ensuite vous pouvez attendre jusqu'à la résurrection universelle pour avoir une réponse. D'un coté la goujaterie à la française, de l'autre la courtoisie et le respect du client qui peut peut-être vous apportera un éclairage auquel vous n'aviez pas songé.
In fine la chaine est gagnante car elle a réussi à garder un client pour une période indéterminée à long terme certes, mais certaine à court terme.
Fabio Armiliato- Celeste Aida/ Acte1-scène 1:





